L'école publique manque d'enseignants et de personnels
Projet de Motion
Conseil municipal du 13 décembre 2010
Objet : pour des écoles dotées de moyens à la hauteur des enjeux
Depuis plusieurs années l'Etat a engagé des suppressions de postes de fonctionnaires sans précédent entrainant inexorablement un recul prégnant des services publics dans leur ensemble sur le territoire national. Dans cette course sans retenue, c'est bien l'Education Nationale qui paye le plus lourd tribut : 8700 postes en 2007, 11200 en 2008, 13500 en 2009, 16000 en 2010 et pas moins de 16000 suppressions annoncées pour 2011, soit 65000 postes sur les cinq dernières années, ce qui représente au total près de 8 % des effectifs.
Ces suppressions de postes se traduisent sur le terrain par une dégradation continue des conditions de travail des enseignants et par une détérioration des conditions de scolarisation des élèves. Ainsi, dans le Val d'Oise, alors que les effectifs du 1er degré n'ont cessé d'augmenter ces trois dernières années avec 2833 élèves en plus, le nombre d'enseignants a diminué dans le même temps de 7113 à 7078, entrainant mathématiquement une augmentation du nombre d'élèves par classe.
Par ailleurs, les non remplacements des enseignants pour les absences de courtes durées se multiplient et seuls les remplacements longs sont devenus prioritaires en raison d'une diminution conséquente des effectifs de la brigade de remplacement. D'après le SNUipp, syndicat majoritaire des enseignants du 1er degré, cette situation aurait conduit quotidiennement au mois de novembre à plus de 150 classes sans enseignants remplaçants sur le Val d'Oise, soit environ 4000 élèves sans professeur.
Sur Argenteuil, première ville du Val d'Oise en nombre d'habitants, les directions d'écoles ont alerté les conseils d'écoles et de la Municipalité sur cette situation qui s'est aggravée d'après leur analyse depuis la rentrée. Chaque jours ce sont plusieurs dizaines de classes qui se retrouvent sans enseignants et dont les élèves sont contraints de rester chez eux ou d'aller grossir les effectifs des classes voisines, victimes d'une cascade de dysfonctionnements peu propices aux apprentissages.
Dans ce contexte de réduction du nombre d'enseignants, a également été annoncée à la rentrée, suivant une volonté ministérielle, la suppression programmée dans le département d'environ 400 poste d'EVS (emploi vie scolaire) administratifs pour des raisons de restrictions budgétaires. Ces personnels, maintenus dans la précarité par des contrats aidés, dont la mission principale est l'aide administrative aux directeurs, exercent pourtant des fonctions essentielles au sein des écoles au moment où se multiplient et se complexifient les tâches administratives qui leur sont demandées. Cette décision a mené une majorité de directeurs d'écoles argenteuillais à protester à travers une grève administrative et à saisir la Municipalité. Il semble que suite à cette mobilisation, l'Inspection Académique ait décidé de surseoir à cette décision, mais la plus grande inquiétude subsiste quant au maintien de ces postes dans le futur.
Considérant que l'éducation doit être une priorité de toute nation préoccupée par l'avenir de ses enfants et que les moyens nécessaires doivent y être consacrés.
Considérant que les conditions de scolarisation des élèves doivent être satisfaisantes dans l'intérêt des enfants et des enseignants.
Considérant que toutes les études montrent que des effectifs par classe réduits favorisent les apprentissages et la réussite scolaire des plus jeunes élèves.
Considérant que l'Etat doit assurer une mission de continuité du service public d'éducation dans les écoles.
Considérant que les écoles d'Argenteuil subissent les conséquences grandissantes et néfastes de la politique de non remplacement d'un départ en retraite sur deux souhaitée par l'Etat pour les fonctionnaires et de toutes les restrictions budgétaires opérées dans l'Education Nationale.
Considérant que la complexité et la multitude des tâches administratives demandées aux directions d'écoles justifie des emplois d'aides administratives.
Le conseil municipal d'Argenteuil :
- demande au gouvernement d'inverser sa politique en matière d'éducation en stoppant les suppressions de postes envisagés et en dotant l'Education Nationale des moyens financiers et humains dont elle a besoin pour accomplir sa tâche.
- demande le maintien des postes d'EVS administratifs dans les écoles primaires et sollicite la création de postes pérennes et statutaires.
Intervention de Rachida HABRI au conseil municipal d'Argenteuil le 13 décembre 2010
La motion qui nous est proposée met l’accent sur la difficulté que rencontre l’école dans notre ville depuis déjà plusieurs années en écho avec les orientations politiques nationales qui assassinent progressivement l’école publique.
Les enseignants, directeurs d’école mais aussi les parents d’élèves et particulièrement la FCPE ont dés le début de l’année scolaire soulevé les difficultés dans nos écoles mais aussi dans le secondaire.
N’oublions pas que l’an passé des parents et enseignants se sont mobilisés durant de nombreuses semaines pour obtenir la réouverture d’une classe à l’école Jules Ferry. Nous serions heureux qu’un micro climat épargne notre ville des décisions votées à l’assemblée et notamment le non remplacement d’un enseignant sur deux à la retraite Hélas ce n’est pas le cas ! Notre ville par sa composition sociologique, par son nombre important d’élèves, par sa croissance démographique souffre d’autant plus de cette pénurie organisée au plus haut niveau.
Du reste un amendement voté au sénat la semaine dernière va permettre de soustraire l’équivalent de 250 enseignants soit 4 millions d’euros au public, au profit du privé. Ainsi dans la saignée des 16 000 postes prévus pour 2011 l’enseignement privé est mis deux fois moins à contribution que l’enseignement public. Sans rallumer la guerre du public et du privé la vigilance s’impose plus que jamais !
Notre groupe votera donc cette motion, mais participera également à toutes les actions qui vont dans le sens de plus d’enseignants en primaire mais aussi en secondaire, Tout ce qui va dans le sens du développement du service public de l’éducation
Communiqué de La FCPE
Enfin et c'est déjà sur ce sujet que la FCPE95 souhaitait votre réaction: les derniers postes des RASED, sauvés in extrémis grâce à la lutte il y a deux ans, ont disparu du budget prévisionnel. 43 postes vont donc disparaître si nous ne réagissons pas au plus vite.
C'est pourquoi avec le SNUipp nous avons lancé une pétition que vous trouverez sur nos sites respectifs et que vous pourrez examiner en cliquant sur le lien ci-dessous. Sachant que vous partagez notre conception du service public de l'éducation nationale,nous vous invitons à signer cette pétition au plus vite et à nous envoyer votre pétition signée par mail.