La sécurité et la vidéo-surveillance, ne peuvent être traités sans concertation

Publié le par Marie José CAYZAC

Désormais la réponse à toutes les questions de sécurité, si l’on en croit la droite, et dans une certaine mesure le parti socialiste, serait la vidéosurveillance ! Michelle Alliot-Marie nous annonçait récemment que 60 000 caméras devaient être déployées pour renforcer la sécurité.

A Argenteuil, nous avons emboité le pas à la droite et la municipalité a maintenu, et s’apprête à amplifier, le dispositif.

Mais la question, qui est posée aujourd’hui, est celle de l’efficacité du dispositif. Lorsque l’on interroge les habitants sur les moyens qu’ils préconisent pour améliorer la sécurité. La vidéosurveillance fait partie des propositions vivement suggérées.

Lorsque les caméras sont installées, si l’on demande, à ces mêmes personnes, si cette technologie a  amélioré leur sécurité. Majoritairement, ils répondent non.

Je n’en tirerai pas de conclusion. Le sujet est grave et complexe, et j’ai la modestie de penser qu’il n’y a pas une réponse, et que la gauche a refusé peut être trop massivement de laisser à la droite le débat sur la sécurité et les systèmes de vidéo surveillance, ce qui était à mon sens une erreur.

Mais regardons avec intérêt ce qui se passe ailleurs et en particuliers en Angleterre, pays qui a désormais un recul de plus de 15 ans en matière de vidéo :

1.    La vidéo n’est pas dissuasive. Elle ne diminue pas le nombre d’acte délinquants.

2.    La vidéo peut permettre de résoudre certaines enquêtes, en reconnaissant les auteurs des actes délictueux ou des crimes

3.    La vidéo doit être performante, en bon état, bien orientée pour permettre des images de qualité exploitable

4.    La vidéo doit être l’objet d’une réception humaine 24h sur 24h

5.    Trop d’images demandent trop de temps d’exploitation en cas de délit. Il faut donc un nombre limité de caméras pour que celles-ci soient utilisables.

Argenteuil n’a pas mené cette réflexion pourtant nécessaire. La vidéosurveillance est un engagement très onéreux qui nécessite un débat démocratique et approfondi, avec les habitants, des spécialistes, les commerçants, les acteurs associatifs etc

La ville de Toulouse vient de lancer une grande concertation dans ce sens avant de décider si elle s’équipe de vidéosurveillance.

La ville de Francfort vient de supprimer des vidéos dans certains endroits après avoir fait le diagnostic de leur inefficacité.

Argenteuil comme les autres villes, doit s’interroger sur la pertinence de son dispositif. Pour cela nous devons répondre ensemble à plusieurs interrogations :

1.    Coûts financiers de la technologie vis-à-vis de son efficacité. La vidéosurveillance pourrait être appropriée dans la mesure où l’on dispose, à ce niveau, de quelques indicateurs ; Pourquoi, comment et pour quels résultats, veut-on sécuriser l’espace public ?

2.    Quels coûts en terme de liberté vis-à-vis de l’efficacité de la technologie Dans quelle mesure la technologie peut empiéter sur les droits de l’homme ? Il ne s’agit pas de revenir sur le débat « le développement de la technologie, c’est bien ou pas » mais bien de relever quelques problématiques actuelles : Dans quelle mesure la sur-sécurisation des espaces publics limite la liberté d’aller et de venir ? Quelle protection des données personnelles ?

C’est au prix de ce travail que nous pourrons répondre efficacement à la nécessité ou non de la vidéosurveillance : Où ? Pour quel bénéfice ?

La ville d’Argenteuil, comme de nombreuses grandes villes, ne saurait mener ce débat seule. L’adhésion au Forum Européen pour la sécurité urbaine est d’une incontournable nécessité à l’instar des 130 villes d’Europe qui en sont déjà membre.

http://www.urbansecurity.org

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